Partie 1.3 – Réponse
Mieux comprendre l’abus sexuel au masculin
Consentement sexuel dans les relations intimes
![]()
![]()
Le consentement sexuel
La majorité d’entre nous n’avons qu’une vague idée de ce que représente le consentement sexuel. Nous avons la tendance, en tant que société, à considérer la sexualité en termes de pénétration (pénis-vagin) et donc à considérer que seuls ces actes nécessitent le consentement, excluant un vaste éventail de possibilités. En réalité, plutôt que de percevoir les relations en termes linéaires passant du point A (flirter) au point B (pénétration), nous devrions percevoir le sexe comme incluant un vaste territoire d’exploration corporelle et de diversité dans les fantaisies et pratiques individuelles (sadomasochisme, homosexualité, orgie). Ainsi, même si le degré de souffrance physique peut varier en fonction des actes commis (touchés versus relation complète), ce qui importe c’est ton sentiment d’être respecté et considéré en tant que personne dans les décisions impliquant l’usage de ton corps.
Depuis le mouvement « #MeToo », plusieurs questions ont été soulignées concernant le consentement. Le consentement nécessite une communication entre les partenaires, un respect réciproque des limites et désires de l’autre et ne peut être régulé par la loi sous forme de « contrat légal ». Ainsi, 2 points sont importants à retenir lorsque nous parlons de consentement :

Le meilleur exemple de consentement conditionnel implique les pratiques de « sexe sécuritaire ». Le consentement peut être conditionnel au port d’un préservatif ou accepter de faire partie d’un couple libertin (ouverture à avoir des partenaires extraconjugaux) peut être conditionnel à une vérification régulière des maladies transmissibles sexuellement (MTS). Ainsi, si une personne se sait porteuse d’une MTS et ne vous en informe pas, le consentement sexuel n’est pas valide.
Tu as le droit de changer d’avis et de retirer ton consentement à tout moment, peu importe la raison. Inversement, ton partenaire a le droit de refuser de poursuivre la relation et tu dois respecter son désir.

Mise en contexte
Tu es en couple avec ton/ta conjoint(e), vous choisissez d’être libre, d’avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes, mais convenez de passer des dépistages pour les MTS deux fois par an afin de vous assurer de la sécurité de chacun.
Vous aviez avisé votre partenaire au début de votre relation que votre consentement était conditionnel au fait de ne pas être porteur d’une maladie sexuellement transmissible. S’il vous avait informé au moment où il apprend qu’il est porteur, vous auriez peut-être décidé de ne pas continuer d’avoir des relations avec votre partenaire. À partir du moment où il se sait porteur et ne vous en informe pas, il ne respecte plus votre « entente initiale ». Au Canada, lorsqu’une personne reçoit un diagnostic de maladie vénérienne, il est dans l’obligation d’en informer son partenaire s’il y a risque de transmission. Par exemple, une personne se sachant séropositive doit informer son partenaire s’ils ne portent pas de condom durant l’acte. Dans le cas contraire, il s’agit d’une agression sexuelle grave, puisqu’il y a un risque important de lésion corporelle grave.
Concrètement, le consentement sexuel est un concept basé sur l’idée d’une autonomie corporelle propre à chaque individu, postulant comme principe de base que chacun a le droit de disposer de son corps de la façon qu’il l’entend « Mon corps, mon choix ». Selon cette idée, chacun est considéré apte à prendre les meilleures décisions pour lui-même en ce qui concerne son corps. Cependant, certaines exceptions existent, par exemple les enfants ou les individus présentant une déficience intellectuelle. Mais pour faire un choix libre et éclairé, chacun doit être informé de l’activité dans laquelle il s’implique et des conséquences pouvant en découler, le tout sans être soumis à une pression externe ou une forme de coercition (manipulation, chantage, intoxication, etc.).
« Non veux dire non » et « oui veux dire oui », sont des expressions exprimant l’importance de respecter le refus de l’autre personne s’il ne désire pas s’impliquer dans une activité sexuelle et de ne pas exercer de pression afin qu’il cède et change d’avis, ce qui est considéré comme une forme de coercition sexuelle.
Qu’est-ce qui défini le consentement?
Le consentement sexuel c’est d’accepter, volontairement et librement, d’avoir un contact sexuel avec une autre personne. En l’absence de consentement, il y a agression sexuelle. Voici les éléments nécessaires pour un consentement valide;

Chacun sait exactement à quoi il ou elle consent. Chacun des individus impliqués désire s’engager dans une activité sexuelle et respecte ses limites, ses besoins et ses désirs.
Il n’y a pas de consentement si la personne a subi une pression quelconque en vue d’obtenir le consentement. S’il y a une obligation, un déséquilibre de pouvoir ou des conséquences découlant du refus de s’impliquer dans un acte sexuel, alors le consentement n’est pas libre de choix.


Consentir à une activité sexuelle à un moment donné ne signifie pas que le consentement est valide à jamais. Il doit y avoir renouvellement du consentement chaque fois qu’une personne s’adonne à une activité sexuelle.
Il doit y avoir consentement pour chacun des actes sexuels. Les désirs et limites de chacun doivent être respectés en tout temps. En matière de sexualité, différentes pratiques et fantaisies existent et il est important de respecter l’autre lorsqu’il ne se sent pas à l’aise à « expérimenter » l’inconnu.


Les individus impliqués peuvent changer d’idée et retirer leur consentement à tout moment. Les gens disent « non » de différentes façons et il est important de ne pas insister « En fait, j’ai changé d’avis ». Le consentement implicite, ça n’existe pas.
Les personnes ayant consommé de l’alcool ou des drogues peuvent ne pas être en état de consentir. Les deux parties doivent être conscientes et éveillées durant l’acte, même si la personne avait déjà consenti à l’acte auparavant. Les enfants n’ont pas l’âge légal pour consentir à une activité sexuelle.

![]()
Le consentement chez les enfants et les adolescents
Puisque les recherches ont prouvé que plusieurs conséquences graves peuvent survenir lorsqu’un enfant s’implique dans une sexualité adulte, notre système de justice a déterminé que les enfants de moins de 16 ans ne peuvent consentir à une activité sexuelle. La sexualité consentante, c’est entre adultes, sinon on considère qu’il y a exploitation sexuelle d’un mineur. Comme on précise à la réponse précédente, on parle de consentement sexuel seulement si la personne a pris une décision en étant consciente du contact sexuel qu’elle allait avoir. Selon les connaissances que nous avons du développement de la pensée d’un enfant et d’un adolescent, notre société a déterminé qu’ils n’ont pas le niveau de conscience et la capacité de jugement aussi développée qu’un adulte pour savoir pleinement dans quelles situations ils vont s’impliquer.
Beaucoup d’enfants abusés sexuellement peuvent avoir été manipulés et amenés à croire, par les propos de l’auteur des abus, qu’il est responsable des actes auxquels il a été impliqué. On peut même l’avoir convaincu qu’il était consentant au contact, qu’il le désirait. L’enfant pourra avoir apprécié l’affection et l’attention que son proche lui témoigne, mais sans avoir voulu un contact sexuel. L’auteur des abus, par la manipulation, peut l’amener à croire à tort qu’il était responsable de l’agression. De plus, le fait d’avoir eu une érection, pour les garçons et les adolescents victimes, peut aider l’agresseur à le convaincre qu’il le voulait. Comme nous l’avons vu dans la section 1.2 sur les mythes, avoir une érection ne signifie pas qu’il était consentant. Il est également possible que l’enfant ne sache pas à ce moment-là ce qui est normal et anormal comme comportement surtout lorsque la personne qui commet l’agression est un de ses proches.
Au Canada, l’âge légal du consentement sexuel est fixé à 16 ans et les enfants de moins de 12 ans ne peuvent pas consentir à une activité sexuelle, quelle que soit la situation.
- Les jeunes de 12 et de 13 ans peuvent consentir à une activité sexuelle avec une personne qui a moins de 2 ans de plus qu’eux.
- Les jeunes de 14 et de 15 ans peuvent consentir à une activité sexuelle avec une personne qui a moins de 5 ans de plus qu’eux.

Cependant, les jeunes de 17 ans et moins ne peuvent consentir à une activité sexuelle quand il existe une relation de confiance, d’autorité ou de dépendance avec l’autre personne (par exemple un entraîneur, un parent, un médecin ou un enseignant) ou quand il s’agit d’exploitation (prostitution, pornographie, etc.).
Pour mieux comprendre le consentement, je t’invite à visionner le court vidéo suivant qui, à l’aide d’une touche d’humour, explique bien en quoi il est important de respecter l’autre lorsque l’on désire s’impliquer dans une relation sexuelle.
Le consentement et la tasse de thé
Ce qu’il faut retenir :
Si tu offres une tasse de thé à quelqu’un et qu’il répond « oui avec plaisir! », alors tu peux lui servir du thé. S’il n’est pas certain de désirer boire du thé, tu peux toujours préparer le thé, mais ne sois pas insulté si au final il choisit de ne pas boire. Et si l’individu répond « non merci! » ou qu’il n’est pas en état de le consommer, ne le forcez pas à boire votre thé.
En résumé, le sexe ce n’est pas une relation égoïste durant laquelle une personne utilise le corps de son partenaire pour la satisfaction de son plaisir personnel, c’est un échange mutuel. Chacun a droit au respect de sa personne.
Ou choisis un autre sujet plus bas.