Partie 2.1
Mieux comprendre les conséquences des agressions sexuelles
Réactions et conséquences lors de l’agression
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Les conséquences découlant d’une agression sexuelle sont multiples. Certains survivants d’abus présenteront des tableaux cliniques ayant une variété de symptômes (anxiété, dépression, dysfonctions sexuelles, etc.) alors que d’autres seront exempts de conséquence pendant une longue période suivant le trauma. Cette absence de symptôme pouvant être expliquée par le refoulement (le blocage en mémoire) des éléments traumatiques de la situation vécue (sentiment de trahison, de méfiance, peur des rapprochements intimes, etc.). Cependant, l’absence de symptôme n’empêche pas les éléments traumatiques de resurgir en mémoire lors de périodes critiques ou de transitions développementales, tels le développement des premières relations intimes, la première grossesse ou un second événement de victimisation. Ces périodes, associées à l’augmentation d’une proximité relationnelle et physique, nécessitent une capacité de faire confiance et d’être vulnérable devant autrui, élément ayant été vécu comme dangereux lors de l’expérience traumatique. Ce rapprochement d’autrui dans la sphère privée risquant de réactiver les émotions de peur, de rage et d’ambivalence ressenties dans les situations d’intimité.
Alors que plusieurs répercussions de l’agression chez l’homme sont similaires à celles que l’on retrouve chez la femme (problématique relationnelle, consommation, etc.), d’autres sont plus spécifiques à chacun des genres. Par exemple, il peut être difficile pour un homme ayant été agressé par une femme plus âgée de reconnaître le caractère abusif de la relation, ce qui risque d’imprégner ses relations futures d’un caractère hypersexualisé et non égalitaire, c’est-à-dire basé sur l’absence d’intimité et de confiance. Lorsque l’auteur des abus était un homme, ils peuvent par la suite éprouver un conflit identitaire, le statut de victime étant perçu comme allant en contradiction avec le statut d’homme (voir la section sur la santé et le bien-être des hommes). De façon générale, lors d’expérience traumatique, les femmes ont davantage tendance à l’évitement et l’internalisation (retourner la violence contre soi : automutilation, dépression) alors que les hommes sont plus enclins à l’action et aux comportements dirigés vers l’extérieur (la colère est dirigée vers autrui : violence, comportements de délinquance, etc.). Ces réponses n’ayant rien de biologique, mais plutôt façonnées par l’environnement social, les comportements agressifs des femmes étant jugés socialement comme inadaptés et l’expression des émotions allant en contradiction avec l’image du « mâle alpha ».
Cependant, homme ou femme, c’est principalement la fréquence des agressions, l’âge au moment de la première agression, la nature des gestes subis et la relation avec l’agresseur qui seront les principaux indicateurs pouvant expliquer les répercussions futures. Il est possible également que tu aies subi une agression sexuelle et que cet événement n’a pas, ou a très peu laissé de traces dans ta vie. On appelle ce phénomène la résilience qui est en quelque sorte la possibilité qu’une personne puisse se relever et se reconstruire à la suite d’un évènement de vie difficile (voir la résilience). L’humain est un être complexe et il peut parfois être difficile de prévoir la manière dont il peut réagir à des évènements de vie. Même si la personne résiliente s’adapte à une situation difficile, il n’en reste pas moins que l’évènement fut source de souffrance pour elle. À l’inverse, il ne faut pas penser d’une personne qui a vécu une agression sexuelle et qui est affectée par différentes conséquences qu’elle est faible pour autant. Au contraire, il n’est pas question de force ou de faiblesse lorsqu’on parle d’agression sexuelle. On parle plutôt de prise de contrôle et de pouvoir sur une victime qui, par la suite, tente de reprendre le contrôle de sa vie.
Éléments ayant un impact sur les conséquences découlant d’une victimisation sexuelle.
À quel moment l’abus est survenu?
Il est possible que tu aies subi des agressions sexuelles en tant qu’enfant, en début d’adolescence ou encore à l’âge adulte et cela peut être vécu différemment selon l’âge et le niveau de compréhension de la situation que tu avais. Les enfants et les adolescents sont encore en plein développement et cela peut entraîner des répercussions encore plus grandes sur l’individu. Ses premières expériences vécues peuvent être essentielles pour son développement. Les connaissances actuelles nous indiquent que les enfants de 6 ans et moins ont un risque plus élevé de développer des problèmes de santé mentale et de tendre à s’isoler socialement. Pour les adolescents, puisqu’ils sont en âge où ils commencent à être conscients et connaître les normes sociales, ils seront plus à risque de vivre des sentiments de honte, de peur et de culpabilité. Ces émotions les mettent à risque de développer des insatisfactions sexuelles à l’âge adulte et peuvent également les pousser à transformer leur souffrance et leur colère en comportements violents et impulsifs lorsqu’ils sont soumis à une situation de stress. En revanche, il ne faut pas penser qu’une agression sexuelle à l’âge adulte ne pourra pas causer de tort, loin de là.
De quelle nature était la relation que tu étais avec l’agresseur?
La personne qui a abusé de toi a pu être : un inconnu, une connaissance (entraîneur, voisin, etc.) ou un proche (parent, frère, sœur, membre de la famille proche ou éloigné, ami(e), etc.). La manière dont tu as réagi peut avoir un lien avec la relation que tu avais dépendamment du lien avec cette personne.
Par un inconnu :
Puisque la personne est un inconnu, tu n’avais pas d’attachement avec celle-ci. Ce qui veut dire que l’agresseur a pu commettre ces actes soit en utilisant la force ou en attirant ton attention et en tentant de gagner ta confiance. (voir le « grooming process » ↆ).
Par un proche ou une personne connue :
Comme nous l’avons précisé à d’autres moments dans la plateforme, les abus sexuels peuvent s’être déroulés dans un contexte de manipulation ou de chantage, ce qui fait qu’en apparence l’agression sexuelle ne semble pas menaçante, car elle survient dans un contexte se disant rassurant où la personne peut être un proche, un parent, un grand-parent ou un autre membre de la famille avec qui tu as ou avais un lien d’attachement.
Malheureusement, plus le lien avec l’auteur des abus est étroit, plus les conséquences sur la victime sont graves et plus le risque de développer un stress post-traumatique, de développer un problème de consommation d’alcool (2,6x plus à risque), de développer un problème de substance psychoactive (2x) ou de développer une maladie transmissible sexuellement (2,7x) est élevé. Le réseau familial constitue généralement l’environnement dans lequel tu aurais dû avoir le droit d’apprendre à exprimer tes besoins et tes émotions en toute sécurité pour acquérir un sentiment de valeur personnelle et ainsi, développer ton estime de soi. Dans un contexte d’abus, non seulement tu risques d’avoir été confronté à vivre des sentiments contradictoires face à tes proches, tels de l’amour, de la colère et de l’impuissance, mais on t’a également forcé à écraser tes affectes de colère et de tristesse entourant les événements, car tu devais cacher les gestes subis à tes proches. De plus, les agressions intrafamiliales tendent à se prolonger sur une plus longue période et à présenter une répétition des actes, car l’enfant ne voulant pas être responsable de briser sa famille ne divulgue pas les gestes subis. Plus la fréquence des agressions augmente et plus la gravité des actes perpétrés augmente, passant d’attouchements à des actes sexuels avec pénétration, augmentant ainsi les conséquences vécues.
Est-ce qu’au courant de ta vie il y a eu plusieurs agresseurs?
Il est possible que tu aies vécu une situation d’abus où plusieurs adultes étaient présents ou que tu aies vécu plusieurs victimisations avec des auteurs différents. De façon générale, plus une personne subie des agressions par différents auteurs, plus cela peut favoriser le fait qu’elle s’attribue comme responsable de ce qui lui est arrivée, ce qui peut augmenter son sentiment de détresse par la suite et rendre le rétablissement plus difficile.
Il est important de conserver en mémoire que seule l’auteur des gestes est responsable des actes commis. De plus, certaines caractéristiques familiales rendent les enfants plus vulnérables à vivre une victimisation sexuelle. Comme nous allons voir plus bas (voir le « grooming process » ↆ), les abuseurs sexuels vont tendre à repérer les enfants provenant de famille où la supervision parentale est déficiente ou à cibler des enfants présentant un manque dans la réponse à leurs besoins. De fait, les enfants ayant vécu des abus sexuels décrivent plus fréquemment leurs milieux familiaux comme présentant moins de cohésion (force qui unit les liens entre les membres), plus de conflits entre les membres, moins de liberté dans l’expression des besoins et plus de comportements de contrôle rigide dans l’établissement des règles. Ce type de famille non-soutenante décourage l’expression des émotions et ainsi créer chez le jeune des doutes quant à sa valeur personnelle, augmentant son risque de victimisation.
Dans la majorité des familles, lorsque l’enfant est victime d’une première victimisation, les parents vont chercher à surveiller davantage l’enfant afin d’éviter une re-victimisation et vont chercher à lui offrir leur soutien émotionnel, alors que d’autres familles plus dysfonctionnelles vont, par le maintien des éléments ayant rendu l’enfant plus vulnérable, contribuer au risque d’une seconde victimisation. Diverses raisons peuvent entraîner des parents à ne pas surveiller suffisamment leurs enfants. Ils peuvent travailler, être monoparental, présenter diverses problématiques de santé mentale en raison de leur propre vécu de victimisation ou tout simplement vivre une période difficile les empêchant d’être alerte aux besoins de leurs enfants. Il ne serait pas efficace de déplacer la faute sur les parents, mais ces facteurs familiaux ont pu te rendre plus à risque d’être repéré par un abuseur, car ce sont des éléments pouvant faciliter l’accès à un enfant.
De plus, les jeunes ayant été victimes de plusieurs abuseurs sont généralement plus jeunes au moment du premier abus (7 ans vs. 9 ans pour ceux ayant un abuseur) et plus nombreux à avoir été agressés par un membre de la famille (60 % vs. 30 %).
Est-ce que les événements d’abus se sont produits plus d’une fois?
Différentes raisons peuvent tenter d’expliquer pourquoi certains auront été abusés une fois et d’autres à plusieurs reprises.
En voici 4 exemples :
-Si l’agresseur est un proche, il y a plus de chances que la situation risque de se répéter, car l’agresseur fait partie du quotidien de l’enfant, donc il a plus d’opportunités pour se retrouver seul avec l’enfant.
-Si l’agresseur, par sa manipulation, tente de maintenir le secret des abus, l’enfant se retrouvera isolé du reste de ses proches et ne pourra pas bénéficier de leur aide.
-Si l’enfant a tenté d’en parler, mais n’a pas été cru de son entourage, cela pourra contribuer à l’isoler.
-Si l’agresseur fait du chantage en menaçant l’enfant que s’il le dénonce, l’enfant ou d’autres membres de la famille en subiront les conséquences.
Même si l’ensemble de ces situations sont des agressions sexuelles, l’évaluation des conséquences vécues est complexe, car différentes particularités associées à la situation et aux personnes impliquées doivent être prises en compte. Chaque personne aura donc sa manière de réagir et d’interpréter ce qu’il a vécu.
En général, plus les événements surviennent à répétition et plus le niveau de violence et d’intrusion des gestes est élevé (attouchement comparativement à des actes de pénétration), plus les répercussions sur la victime seront importantes.
À quel degré y a-t-il eu de la violence lors des abus?
Dans certains cas, les actes d’abus sexuels vont s’être déroulés lors de contacts où il y a eu de la violence physique.
En fait, il faut savoir qu’une agression sexuelle est un acte violent. Plus précisément, il s’agit d’un acte de violence sexuelle. On pense souvent qu’un crime sexuel correspond seulement à utiliser la violence physique sur cette personne et à en prendre le contrôle. En fait, c’est beaucoup plus large que ça.
À la base, dès qu’il y a agression sexuelle, on peut parler de violence. Lorsque l’agression sexuelle est accompagnée de violence physique, on peut parler d’agression sexuelle grave selon l’article 273 du Code criminel canadien. L’agression sexuelle grave :
-Blesse
-Mutile
-Défigure la victime
-Met sa vie en danger
Il ne faut pas minimiser aussi que ces agressions sexuelles sont graves et peuvent avoir également des conséquences à moyen et long terme sur ta santé. Plus une personne subit des agressions sexuelles, plus celle-ci aura des risques de développer des problèmes de santé physiques et psychologiques. Les agressions sexuelles peuvent te mettre plus à risque de développer certains symptômes tels; des symptômes gastro-intestinaux, gynécologiques, cardiorespiratoires, de douleurs ou encore des problèmes alimentaires (anorexie, boulimie ou obésité) à l’âge adulte. Il est donc important de faire attention à ta santé et de ne pas hésiter à parler à un médecin des actes de violence sexuelle que tu as subis.
En as-tu parlé et si oui, comment ton entourage a réagi?
Même si l’agression sexuelle implique un agresseur avec une victime, la manière dont les proches réagissent peut avoir un grand impact sur la manière dont tu vivras les évènements suivant les épisodes d’abus. Il y a différentes manières possibles de réagir suite aux abus. Pour certains, ils en auront parlé à un ou des proches, mais n’auront pas été crus ou entendus. D’autres auront décidé de garder le silence et tentés d’oublier les évènements. À l’âge adulte, certains prendront la décision de briser le silence et d’aller chercher une aide. Le soutien que tes proches peuvent t’apporter peut considérablement t’aider à surmonter les évènements que tu as vécus. Chaque situation est différemment vécue. Rappelle-toi que même si on ne peut changer le passé, le fait de parler de ce que tu as vécu à des personnes de confiance et qui vont accueillir ce que tu leurs diras sans jugement peut, à moyen et long terme, t’aider à mieux aller. On ne peut prévoir la réaction de certains proches. Par contre, tu peux consulter des intervenants sociaux et des travailleurs sociaux qui pourront t’apporter leur soutien. Rappelle-toi que tu n’es pas seul à l’avoir vécu.
Ces différents points ont pour but de te faire comprendre que les comportements de l’agresseur, les réactions que tu as eues, ainsi que l’interprétation que tu peux donner aux situations d’abus pourront être liés aux conséquences que tu pourras développer tout au long de ta vie.
La manipulation qui s’effectue par l’abuseur sur l’enfant est un contexte qui prend un certain temps à s’installer. On appelle ce processus en 6 étapes le « grooming process ». Ces différentes étapes sont subtiles et il peut être difficile de s’apercevoir en tant qu’enfant que l’on se fait manipuler.
Le grooming process est un processus qui se fait de manière subtile. En tant qu’enfant, il était difficile de prendre conscience que tu subissais de la manipulation. À moins que l’auteur n’utilise des comportements de touchés ou des attitudes sexuellement inappropriées envers toi, il t’était difficile de repérer ces prédateurs avant que les abus ne soient perpétrés puisque les comportements utilisés par ces hommes correspondent aux relations typiques entre adulte et enfant retrouvées en société. Une fois que ce processus est installé, il est très difficile de se sortir de cette dynamique. Tu dois comprendre qu’aucun enfant n’est à l’abri de subir ce processus.
Les 6 étapes du « grooming process »
Cibler la victime
Le délinquant cible une victime en fonction de ses préférences (âge et apparence) et en évaluant le niveau de vulnérabilité de l’enfant – ses besoins affectifs, le niveau d’isolation sociale, le manque de confiance en soi. Les enfants présentant le moins de surveillance parentale sont des cibles plus souhaitables.
Gagner sa confiance
Le délinquant gagne la confiance en observant et en recueillant des informations sur l’enfant, en apprenant à connaître ses besoins et en apprenant à les combler. À cet égard, les délinquants sexuels se mêlent sans effort aux adultes responsables de l’enfant en vue d’obtenir ces informations ou il s’implique directement dans des activités qui permettent l’accès à des enfants (boy-scouts, camps d’été, entraineur, etc.)
Combler les besoins de l’enfant
Grâce à l’information obtenue, il est apte à combler les manques de l’enfant : il lui offre des cadeaux, de l’attention, son amitié et s’intéresse à lui. En prenant une place de plus en plus importante et en répondant aux besoins de l’enfant, parfois mieux que ses propres parents, l’enfant en vient souvent à idéaliser son futur agresseur.
Isoler l’enfant
L’adulte cherche alors à créer des occasions pour être seul avec l’enfant et développer un lien relationnel avec lui. Il cherche à se faire percevoir comme non menaçant et donne à l’enfant l’impression qu’il peut tout lui raconter et qu’il s’intéresse à lui, donnant à l’enfant le sentiment d’être aimé.
Sexualiser la relation
Lorsqu’une dépendance émotionnelle s’est installée et qu’il ressent que l’enfant lui fait confiance, l’adulte commence à sexualiser la relation. La désensibilisation aux touchés de l’adulte se produit par l’introduction de conversations intimes abordant la sexualité, par la mise en place de jeux permettant les touchés, les chatouilles, les accolades ou en l’introduisant au visionnement de pornographie. À travers cette graduelle introduction à la sexualité adulte, l’abuseur peut manipuler l’intérêt et les préférences sexuelles de l’enfant en vue de sexualiser leurs relations.
Maintenir le contrôle
Une fois que les abus ont commencé, l’abuseur utilise généralement le blâme et la manipulation de l’enfant pour l’obliger à maintenir le secret et forcer sa participation. À ce stade, l’enfant devient prisonnier du secret et souffre d’ambivalence à l’idée de perdre les éléments positifs qui l’avait emmené à entrer en relation avec l’auteur des abus. Déjà isolé, l’enfant craint la perte du lien affectif et les conséquences associées à l’exposition des abus (ne pas être cru, être grondé, être tenu responsable pour l’abus vécu, etc.).
Si l’agresseur est un membre de ta famille proche que tu fréquentes au quotidien, cela peut compliquer le rapport que tu pourras avoir avec lui et le contact que tu auras avec ton entourage. De manière générale, il en revient à la victime de déterminer les impacts que ces situations ont pu avoir dans sa vie. Par contre, lorsqu’un agresseur est un membre de ta famille proche qui fait partie de ta vie d’enfant, il est possible qu’il y ait eu plus d’une situation et qu’elles se soient produites sur une plus longue période de temps. De plus, lorsqu’un parent proche abuse d’un enfant au sein de sa famille, il ne respecte pas l’enfant et les limites relationnelles normales qui sont établies. Un parent est supposé guider l’enfant à devenir un adulte et être une personne de confiance auquel l’enfant pourra se référer au besoin. Par contre, un proche abuseur peut aimer l’enfant véritablement, mais en sexualisant sa relation avec lui, l’adulte en situation d’autorité utilise de façon inappropriée son pouvoir sur l’enfant, en vue de répondre à ses propres besoins. Pour maintenir le secret, l’adulte utilisera toutes sortes de stratagèmes (maintenir le secret, manipuler, isoler des autres membres de la famille pour mieux piéger l’enfant). La famille est un lieu où l’on apprend à se connaître et dans lequel nous nous construisons en tant que personne. Si certains de nos besoins n’ont pas été comblés, cela peut laisser des traces dans notre vie d’adulte. Par contre, le passé ne peut pas être effacé, mais en allant chercher l’aide nécessaire, il est possible de mieux recoller les morceaux du casse-tête et de mieux comprendre son vécu pour ensuite prendre des moyens pour mieux aller de l’avant dans sa vie.
Plusieurs hommes qui ont été abusés lors de leur enfance peuvent avoir eu une érection lors des situations d’abus. C’est faux de penser que si un garçon ou un adolescent a bandé, que cela veut dire qu’il a apprécié les comportements abusifs vécus. Il y a différentes raisons pour qu’un garçon puisse avoir une érection. Parfois, on peut avoir une érection en lien avec de la nervosité. Par exemple, un adolescent qui prend une douche dans un vestiaire et qui est moins à l’aise pourrait avoir une érection. Il t’est sûrement arrivé d’avoir des érections matinales. Celles-ci n’ont pas nécessairement de lien avec l’excitation sexuelle. Il est possible aussi que tu aies éprouvé des sensations corporelles agréables avec le toucher de l’agresseur. Par contre, à cet âge, ton corps c’est ton corps et personne n’avait le droit de te toucher. La sexualité, c’est quelque chose que les enfants et les adolescents découvrent par eux-mêmes, à leur rythme. Aucun adulte n’avait le droit de te toucher à ces endroits ou encore de t’inciter à leur toucher.
Au sens large, ce qu’il faut que tu comprennes, c’est que le fait d’avoir une érection lors d’un abus sexuel ne veut pas dire que tu étais excité sexuellement et également, il est important de ne pas te sentir coupable d’avoir réagi de la sorte. Tu étais mineur et il n’y a pas de consentement sexuel avec une personne mineure parce que l’adulte est en position d’autorité et de pouvoir sur l’enfant. L’agresseur a abusé de ta vulnérabilité normale d’enfant et d’adolescent, lui seul est responsable de son comportement.
Sources
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2.1 Réactions et conséquences lors de l’agression
2.3 Conséquences à long terme 1: Difficultés identitaires
2.4 Conséquences à long terme 2: Difficultés relationnelles
2.5 Conséquences à long terme 3: Comportements suicidaires et autodestructeurs
2.6 Conséquences à long terme 4: Abus de substances psychotropes
2.7 Conséquences à long terme 5: Comportements obsessifs et compulsifs, sexualité à risque, etc.
2.8 Conséquences à long terme 6: Émergence de comportements criminels
