Partie 2.4
Mieux comprendre les conséquences des agressions sexuelles
Conséquences à long terme 2 : Difficultés relationnelles
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Lorsque l’on subit des abus sexuels au courant de notre enfance, c’est notre intégrité physique et psychologique qui est brimée. Que l’agresseur soit un inconnu ou un proche, la personne, en utilisant diverses stratégies pour t’exploiter sexuellement (voir le « grooming process »), peut t’avoir fait sentir que tu aurais dû être plus méfiant et que tu es en partie responsable de ce qui est arrivé.
Perception de soi, des autres et des relations interpersonnelles
L’expérience d’abus se fait dans un contexte de manipulation. Vivre cette expérience peut créer, chez la personne qui la subit, divers questionnements et des doutes qui peuvent l’entraîner à développer une perception négative des autres (malveillant, malhonnête, rejetant) et négative de soi (incompétent, faible, sans valeur). Cette perception négative de toi peut t’entraîner à tolérer des relations toxiques plus longtemps que quelqu’un qui n’a jamais été maltraité et donc te mettre plus à risque d’être victime de violence conjugale dans tes relations adultes. En réalité, il a été prouvé qu’être agressé avant l’âge de 6 ans, augmente l’anxiété de l’enfant à développer des relations avec de nouvelles personnes et donc, malgré l’abus vécu, il n’est pas anormal de voir l’enfant augmenter son lien d’attachement envers les membres de sa famille, dont l’abuseur. Ces comportements de dépendance envers des gens qui sont néfastes pour toi ne sont pas anormaux, au contraire, ils sont le signe d’une répétition d’un mode de fonctionnement relationnel basé sur des représentations d’attachement empreintes d’anxiété, d’abandon ou d’évitement de l’intimité (compulsion à la répétition). De plus, dépendamment du contexte et des réactions de ton entourage lors du dévoilement, l’impact sur ta façon d’entrevoir les autres et d’interagir avec eux peut varier grandement. Une chose est sûre, les hommes ayant vécu une situation où quelqu’un a abusé d’eux percevront le monde différemment. Il y a « avant l’abus » et « après l’abus ». Si, par exemple, tu t’es confié à ton entourage et qu’on ne t’a pas cru ou encore qu’on t’a demandé de ne plus jamais en parler, il est possible que tu en viennes à vouloir oublier ce qui s’est passé. Il est également possible que tu perçoives que ton réseau social n’est pas suffisamment supportant et décides donc de briser le lien relationnel avec certains membres de ta famille ou de tes amis dont la réaction n’était pas adéquate. De fait, 1 victime sur 4 vont modifier leur façon d’entrer en relation avec les autres suivant leur agression. Ils affirment devenir plus méfiants, plus sélectifs et prendre plus de temps avant d’accorder leur confiance aux autres.
Le développement de relations dysfonctionnelles
Les expériences relationnelles positives que tu peux vivre durant ton développement psychosocial te serviront de base en vue d’acquérir une bonne estime de toi et de développer ta capacité à entrer en relation avec les autres. Par contre, si tu vis des expériences relationnelles négatives ou malsaines, celles-ci peuvent, au contraire, avoir un impact négatif, car la peur de revivre une expérience d’abus peut t’inciter à surévaluer la menace que les autres représentent et à t’isoler, ce qui augmente le risque d’exploitation future. De façon générale, les individus exploitant les autres sexuellement vont rechercher à isoler leurs victimes des membres de l’entourage, car en l’absence de réseau social pour contrebalancer le discours de l’abuseur, il est plus facile de briser les résistances par la manipulation psychologique. De plus, lorsqu’une personne se trouve dans l’incapacité de faire confiance aux autres, ça le place en position de vulnérabilité relationnelle et bloque sa capacité d’être authentique en parlant ouvertement de qui il est, de ses forces et ses faiblesses et de son parcours de vie. Cette difficulté à établir ses relations de proximité est d’autant plus néfaste lorsqu’il s’agit de relation de couple. Une étude réalisée auprès des femmes victimes d’agression sexuelle, indique que plus l’évènement a été vécu comme traumatique et plus les taux de divorces sont élevés (37 % versus 22 %).
En plus d’affecter ta perception de toi-même, des autres et ta façon d’entrer en relation avec les autres, on retrouve souvent chez les individus ayant vécu des traumatismes une forme de « programmation comportementale ». Alors qu’un enfant évoluant dans un milieu familial sain focalisera son attention sur lui-même (ses besoins, son développement et son vécu interne, c’est-à-dire ses émotions et ses pensées), l’enfant victime deviendra hypervigilant (évaluant sans cesse le danger venant de l’extérieur), afin d’éviter les agressions et cherchera à anticiper les besoins et les désirs de son agresseur. Ce faisant, l’enfant, en plus de vivre une panoplie d’émotions désagréables (peur, tristesse, etc.), n’apprend pas à réguler ses émotions de façon appropriée et créer, à l’intérieur de lui, un sentiment de vide intérieur en lien avec l’absence de connaissance de soi. Étant incapable d’expliquer la contradiction dans le comportement de son proche abuseur et confronté à des états mentaux et émotifs incohérents (conflit amour/haine pour son abuseur), l’enfant apprend à bloquer son monde émotif. En plus de fragiliser le sentiment identitaire, c’est-à-dire la connaissance que nous avons de nous-même, de nos désirs, de nos forces et de nos faiblesses, il arrive souvent qu’en vue de conserver une image positive de son agresseur (éviter le conflit amour/haine), l’enfant prenne sur lui la responsabilité des actes violents et transgressifs et se considère responsable d’avoir répondu aux attentes de son proche. Ce sentiment de culpabilité jumelé à la tendance à se centrer sur les attentes et demandes d’autrui place l’individu à risque de conserver des modèles relationnels inégaux, basés sur l’exploitation (prostitution, violence conjugale, sexualité compulsive).
En travaillant sur ton estime de toi, il devient plus facile d’arriver à cibler les relations qui peuvent être nourrissantes pour toi et celles à éviter. Une relation enrichissante se doit d’être égalitaire et nécessite donc que les deux protagonistes ressentent que l’autre désire leur bien-être et respecte leur limite individuelle.
Les théories de l’attachement
L’environnement social et principalement l’environnement familial ont une influence considérable sur notre développement identitaire et sur notre capacité à entrer en relation avec les autres.
La théorie de l’attachement
Le style d’éducation parentale
Ou choisis un autre sujet plus bas.
Sources
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2.1 Réactions et conséquences lors de l’agression
2.3 Conséquences à long terme 1: Difficultés identitaires
2.4 Conséquences à long terme 2: Difficultés relationnelles
2.5 Conséquences à long terme 3: Comportements suicidaires et autodestructeurs
2.6 Conséquences à long terme 4: Abus de substances psychotropes
2.7 Conséquences à long terme 5: Comportements obsessifs et compulsifs, sexualité à risque, etc.
2.8 Conséquences à long terme 6: Émergence de comportements criminels