Partie 2.3
Mieux comprendre les conséquences des agressions sexuelles
Conséquences à long terme 1 : Difficultés identitaires
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Qu’est-ce que l’identité?
L’identité est un concept complexe et multidimensionnel. Elle représente la manière dont un individu se perçoit, dont il se défini par sa façon de réfléchir et de réagir dans divers contextes et interactions sociales « Je suis… » et sa capacité à rester authentique dans ses attitudes et comportements « Je me reconnais, je suis toujours le même ».
L’enfance et l’adolescence sont des périodes durant lesquelles notre corps et notre cerveau se développent, mais également durant lesquelles nous développons de nouveaux réseaux d’interaction sociale (entrée à l’école, développement d’intérêt hors du réseau familial). À travers nos relations interpersonnelles, nous apprenons à nous connaître et à nous forger une identité basée sur les expériences qu’on a vécues « dans telle situation, je réagis…, je suis… ». De plus, l’identité est composée de plusieurs facettes; l’image de soi (la façon dont on se perçoit), la représentation de soi (la façon dont on se décrit), l’estime de soi (l’appréciation de qui nous sommes), le soi intime (qui je suis intérieurement), ainsi que le soi social (comment je me présente en fonction des individus avec qui j’interagis).
Les premières expériences que l’on vit sont souvent déterminantes pour nous, dans le sens qu’elles nous marquent davantage car nous n’avons pas de point de référence puisque tout est une nouvelle expérience. L’idée importante à retenir c’est que les expériences que l’on vit déterminent la manière dont on construit notre identité. En plus de la conscience de qui nous sommes à travers les réactions et les actions que nous adoptons, le discours des personnes de notre entourage tend à s’imprégner en mémoire et à influencer la perception de qui nous sommes. Ainsi, en l’absence d’une connaissance préalable de soi, les évènements d’adversité tels l’abus sexuel et les commentaires de l’agresseur, vont influencer à jamais l’image que nous avons de nous-même. Qui suis-je en tant qu’homme? Qui suis-je dans mes relations intimes? Comment vais-je réagir face à l’adversité?
Les idées véhiculées par la société sur ce que c’est d’être un homme et ce que c’est d’être une victime, vont influencées, à différents degrés, ton développement identitaire. Comme nous l’avons vu dans la section sur les mythes, la conception sociale de ce que c’est d’être victime, dénature la réalité des agressions sexuelles et refuse à la majorité des victimes la possibilité de reconnaître la légitimité de leur victimisation et ainsi, les freines dans leurs recherches d’aide psychosociale. Même si 20 % des agressions sont commises sur des hommes, plusieurs hommes continuent de se questionner sur leur valeur en tant qu’homme et la normalité de leurs réactions au moment de l’abus.
Ils se dévaluent, se disant qu’un homme aurait dû être apte à se défendre, que l’auteur des agressions les a sélectionné parce que quelque chose cloche chez eux. Ce sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes sociales peut être source d’insécurité et augmenter ton sentiment de vulnérabilité quant à ta capacité de faire face aux situations d’adversité adéquatement.
L’agression, un frein aux interactions sociales
Suite à une agression, plusieurs victimes effectueront un repli sur soi et seront effrayées de poursuivre l’exploration de leur environnement social. Ainsi, en plus de s’attaquer à la valeur que tu t’accordes en tant qu’homme et en tant qu’être humain (faible estime de soi), l’abus sexuel, à travers l’isolement social qui en découle, t’empêche de développer de nouvelles relations et ainsi, d’acquérir de nouvelles perceptions de qui tu es. Nos comportements et attitudes variant en fonction des contextes sociales (en classe, avec mes camarades, avec l’autorité, etc.), nous apprenons graduellement à reconnaître que nos réactions dépendent davantage de l’environnement social que d’une personnalité fixe et immuable. Les autres sont en quelque sorte des miroirs à travers lesquels nous apprenons à nous connaître. L’absence d’une multitude d’interactions augmente donc l’importance de l’agression et des commentaires de l’auteur sur le développement identitaire.
Expérience de rejet par les pairs
Puisqu’avant l’âge de 14 ans, la majorité des abus se déroulent dans un contexte scolaire ou familial, ou même dans les deux environnements, il n’est pas rare qu’afin d’éviter d’être confronté à des situations ravivant le souvenir du trauma, tu aies adopté des comportements tels; l’absentéisme scolaire, la consommation de substance ou des fugues. Ces comportements, que ton entourage ne comprenait pas, étaient source de conflit familial et ont tendance à provoquer le rejet par les autres jeunes de l’école. De fait, plusieurs études démontrent qu’il existe un lien entre l’expérience de trauma et le vécu de victimisation verbale et physique à l’école (60 % des jeunes victimes d’abus sexuels comparativement à 15 % des autres jeunes sont victimes d’intimidation). Il est donc normal, en conséquence de l’abus vécu, que ton estime ait été malmenée.
Heureusement pour toi, l’identité est un processus dynamique qui est toujours inachevé. Chacun de nous, au cours de sa vie, sera confronté à des périodes de crises et de remises en question de son identité. L’identité peut donc être modifiée en se confrontant à expérimenter de nouvelles situations et en risquant de percevoir de nouvelles facettes à notre personnalité. De plus, l’estime de soi peut être améliorée en travaillant sur soi, en apprenant à mieux se connaître et en apprenant à s’aimer malgré ses imperfections.
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Théories du développement
Ces quelques vidéos expliquent comment notre personnalité se développe à travers certains stades successifs et ce qui arrive lorsque nous vivons des traumatismes (négligence, violence, etc.) lors d’une de ces étapes développementales. Sans nécessairement vivre de la violence grave, lorsque notre environnement social (la famille, le milieu scolaire et ensuite professionnel) n’est pas optimal, c’est-à-dire sécuritaire et permettant la libre expression de notre identité (nos émotions, nos désirs et nos intérêts), nous ne parviendrons pas à traverser chacune des étapes et n’atteindrons pas la pleine maturité identitaire.
Malheureusement, les vidéos informatives concises et bien verbalisées sont difficiles à trouver, mais il vous est possible de mettre les sous-titres en français. Tu ne sais pas comment, clique sur le cercle “Sous-titres en Français” pour les explications.
Le développement psychosexuel selon Freud
Le développement cognitif selon Piaget
Théorie des besoins selon Maslow
Stade développemental selon Erik Erikson
Le développement moral selon Kohlberg
Les perceptions
Ces quelques vidéos expliquent comment la vision que nous avons (de nous-même, d’autrui, des situations), influence nos comportements et les comportements d’autrui de façon à renforcer nos perceptions erronées. De sorte que nos idées sont constamment renforcées par des évènements que nous avons inconsciemment provoqués.
Le biais de confirmation
L’enregistrement des souvenirs en mémoire
L’effet Pygmalion
Création de réponses réflexes
Ces quelques théories expliquent comment notre environnement et les expériences générant des émotions fortes peuvent nous “programmer” à utiliser certaines réponses instinctives (peur, soumission, réactions agressives) lorsque nous sommes confrontés à certaines situations.
Le conditionnement opérant de Skinner
Le conditionnement classique de Pavlov
Ou choisis un autre sujet plus bas.
Sources
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DESLAURIERS, J.-M., TREMBLAY, G., GENEST DUFAULT, S., BLANCHETTE, D., & DESGAGNÉS, J.-Y. (2010). Regards sur les hommes et les masculinités: comprendre et intervenir: Presses de l’Université Laval.
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2.1 Réactions et conséquences lors de l’agression
2.3 Conséquences à long terme 1: Difficultés identitaires
2.4 Conséquences à long terme 2: Difficultés relationnelles
2.5 Conséquences à long terme 3: Comportements suicidaires et autodestructeurs
2.6 Conséquences à long terme 4: Abus de substances psychotropes
2.7 Conséquences à long terme 5: Comportements obsessifs et compulsifs, sexualité à risque, etc.
2.8 Conséquences à long terme 6: Émergence de comportements criminels