Partie 2.2 – Réponse

Mieux comprendre les conséquences des agressions sexuelles

Mémoire traumatique

Quelle est la différence entre un traumatisme et un trauma?

Le trauma :

Quand on parle de trauma, c’est qu’un évènement extérieur en vient à créer un grand stress et notre corps se positionne en état de survie. Le stress vécu est lié à un évènement extérieur de la personne comme un acte violent dirigé vers nous, une catastrophe naturelle ou un accident. En mettant notre vie en danger ou en étant confronté à une situation ou notre intégrité physique et psychologique ou celle d’autrui est brimée, le trauma peut entraîner une forte réaction émotive, le sentiment de ne pas avoir de pouvoir sur la situation ou encore nous laisser horrifié parce qu’allant en contradiction avec notre vision de la vie (ex: ébranler la vision d’un monde juste et équitable). Le trauma sera aussi ciblé dans le temps, c’est-à-dire que tout individu qui serait confronté à l’évènement réagirait pendant un certain temps avec les symptômes du trauma le temps que leur organisme puisse se résorber de ce stress.

Un trauma, ça arrive sans s’y attendre et c’est :

  • intense
  • imprévisible 
  • incontrôlable

Évènements traumatiques

Plusieurs évènements peuvent être à l’origine de symptômes de stress.

  • Les catastrophes collectives;
    • Catastrophes naturelles
    • Attentats
    • Accidents industriels
  • Les traumatismes individuels;
    • Agression : voie de fait, torture, prise d’otage
    • Viol ou agression sexuelle
    • Violence conjugale
    • Accident de la route
    • Menace avec une arme
    • Maltraitance durant l’enfance ou en période de vulnérabilité (retard intellectuel, mobilité réduite, personne âgée)
      • Privation de nourriture
      • Privation de liberté
      • Violence psychologique : Insulte, humiliation
      • Violence physique ou sexuelle
    • Accident de travail
    • Harcèlement moral ou sexuel
    • Témoin de violences graves
    • Accès à répétition à des détails morbides (policier, secouriste)

Le traumatisme :

Le traumatisme est l’état de stress ou de tension interne consécutif au trauma non géré sur le plan émotionnel, c’est-à-dire qu’il est la conséquence physiologique que tu peux vivre suivant un trauma. Le stress qui n’a pas été résorbé suivant un évènement traumatique, reste prisonnier du corps et provoque divers symptômes tels : une hyperactivité, de l’hypervigilance, des difficultés à dormir, etc.

L’agression sexuelle et les actes de violences interpersonnelles (torture et barbarie) sont considérés comme les évènements les plus à risque de causer des séquelles psycho-traumatiques graves. Une étude effectuée auprès d’enfants indique que 53,6% présentaient des symptômes permettant d’établir un diagnostic de stress post-traumatique suivant une dénonciation pour abus sexuel. Une autre étude indique que 85 % des victimes de viols adultes présentent des symptômes de stress dans les mois suivant l’agression (100 % chez les enfants). Sur ces victimes, 30 à 50 % d’entre elles verront leurs symptômes diminuer dans l’année suivant le trauma, mais 1/3 en conserveront les conséquences jusqu’à 10 ans suivant l’agression. Les agressions sexuelles, en créant une sidération psychique, paralysent la victime et l’empêchent de se défendre ou de réagir au moment des faits. L’excès de libération des hormones associées au stress entraîne le cerveau à dégager des endorphines en vue de se protéger des effets nocifs d’une surproduction d’hormone, créant ainsi une anesthésie émotionnelle et physique immédiate. Cet état dissociatif (sentiment d’être spectateur, d’irréel ou de conscience altérée) est responsable de l’altération en mémoire des éléments entourant le trauma et d’une amnésie traumatique dans 40 % des cas. Les souvenirs n’ayant pu s’enregistrer en mémoire en lien avec les émotions, la charge affective cherche à se lier et risque d’être ravivée lorsqu’on lui présente un stimulus rappelant le trauma. Tant que les souvenirs des évènements restent dissociés en mémoire, la personne risque d’avoir de la difficulté à parler du trauma et à dénoncer les abus vécus.

Face à l’angoisse extrême faisant constamment irruption en mémoire, le sujet peut adopter diverses conduites en vue d’éviter sa souffrance. Certains vont chercher à éviter les éléments rappelant le traumatisme (développement de phobie, de compulsions, de TOC), d’autres vont inconsciemment reproduire des comportements à risque entraînant une libération d’endorphines et provoquant une euthanasie affective (automutilation, bagarre, course automobile) et certains vont utiliser des substances illicites. Divers mécanismes de survie nuisant à retrouver l’équilibre suivant un trauma. De fait, la majorité des sujets (83 %) présentant des symptômes post-traumatiques présenteront une autre problématique de santé mentale; la dépression (60 %), l’anxiété (60 %), la consommation d’alcool (60 %) et les phobies sociales (45 %) étant les plus fréquentes. Cependant, il est aussi important de préciser qu’il est possible que tu aies vécu des abus sexuels durant ton enfance sans avoir développé de traumatisme, le risque de développer un TSPT dépendant des circonstances entourant l’agression. Une bonne manière de vérifier et de t’en assurer est de t’informer et d’aller chercher de l’aide auprès d’un professionnel.

Symptômes de Stress-Post-Traumatique

Le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble de la mémoire émotionnelle, lié à des évènements de vie (trauma) ayant généré un stress dépassant les capacités d’adaptation du sujet. Il est principalement composé;

  • Symptômes de réminiscences (réexpérimentations partielles ou complètes du traumatisme), involontaires et intrusifs déclenchés par des stimulus en lien avec le trauma.
    • Pensées intrusives
    • Cauchemars
    • Flash-back
    • Hallucinations (visuels, auditives, somatiques)
  • Stratégies défensives afin d’éviter (souvenirs, pensées, sentiments, endroits, personnes) qui risque la remémoration de l’événement traumatique.
  • Altération des cognitions
    • Amnésie des évènements
    • Croyances erronées entourant les causes et les conséquences de l’évènement
    • Croyances et attentes négatives quant à soi-même : culpabilité, impuissance, honte
  • Altération marquée de l’éveil et de la réactivité
    • Hypervigilance
    • Sursaut exagéré
    • Perturbation du sommeil
    • Difficultés de concentration
    • Irritabilité et accès de colère
  • Comportements autodestructeurs (dépendance, conduite à risque, etc.)
  • Sentiment de détresse et souffrance psychique et physique similaire à celle expérimentée durant le traumatisme.

Dans le cas des violences chroniques et répétitives subis durant l’enfance (négligence, abus), les évènements traumatiques peuvent avoir un impact sur la totalité du développement de la personnalité, de l’identité et de la capacité à entrer en relation. Ainsi, le Trauma complexe comprend des symptômes spécifiques pouvant rendre difficile l’établissement et la reconnaissance des répercussions du traumatisme.

  • Altération dans la régulation des affects et des impulsions
    • Régulation des affects
    • Modulation de la colère
    • Autodestruction, préoccupation suicidaire, prise de risque excessive
    • Difficulté à moduler l’engagement sexuel et affectif
  • Altération de l’attention ou de la conscience (amnésie, dissociation)
  • Altération dans les relations avec les autres
    • Difficulté à faire confiance
    • Revictimisations
    • Victimiser les autres

Le trauma et le système nerveux

Bref

La majorité des symptômes du stress post-traumatique sont en lien avec une anxiété ou une peur étant activé en l’absence d’un danger réel ou étant hors de proportion considérant la menace présente dans l’environnement du sujet. L’activation répétée d’une réponse associée au stress favorise le développement d’un cerveau orienté vers la survie plutôt que sur l’exploration de l’environnement et la connaissance de soi. Les études indiquent que les régions cérébrales associées au conditionnement classique de la peur sont impliquées dans le TSPT (Voir Le cerveau ).

Selon toi, est-ce qu’il y a des préjugés reliés aux personnes qui vivent des traumatismes? Si oui, lesquels?

La société entretient aussi des préjugés par rapport au long processus de rétablissement. Si une personne se plaint ou peut vivre des difficultés qui s’effectuent sur une longue période, on peut en venir à tort à penser que la personne ne veut pas s’aider. C’est en fait la vision que l’on peut avoir d’une victime. Même si des préjugés sont entretenus par rapport à la victimisation, le jugement peut être encore plus intensifié lorsque la victime est un homme. 

Comme il est mentionné dans la section sur la santé et le bien-être des hommes, les hommes de notre société peuvent vivre une pression à devoir correspondre à un modèle stéréotypé de ce qui définit qu’un homme est bel et bien un homme. Ce modèle peut être néfaste, car il empêche les hommes de se comparer à eux-mêmes et de trouver leur propre identité masculine. Par exemple, on associe plus facilement les hommes de notre société comme des individus qui vont rapidement passer à l’action pour régler un problème. Une telle association peut permettre d’expliquer en partie pourquoi certaines personnes peuvent entrevoir un homme qui a vécu un traumatisme comme une personne ne faisant rien pour régler ses problèmes. 

La réalité est plus complexe que ça et comme nous l’avons vu, le processus de rétablissement d’un traumatisme est un processus qui ne se règle pas du jour au lendemain, cela nécessite du temps. Certains individus, de proche ou de loin, peuvent également critiquer la victime de prendre du temps à se remettre sur pied. Ce genre de commentaire peut avoir des effets néfastes et créer de la honte et de la culpabilité. De plus, lorsqu’une personne raconte son histoire, plusieurs personnes tendent, par leurs commentaires, à augmenter le sentiment chez la victime qu’elle est responsable de ce qui lui est arrivée. Que si elle n’avait pas agi ainsi, rien ne lui serait arrivée ou qu’elle aurait dû réagir autrement. En fait, l’agresseur est entièrement responsable des comportements inadéquats qu’il a adoptés lors de l’abus. La seule responsabilité de la victime est d’aller chercher de l’aide, de parler de ce qu’elle vit et de mettre en place des moyens pour améliorer son bien-être. Ensuite, il y a le rôle des proches, des sources de soutien social et de la société, qui doivent reconnaître que la problématique des abus sexuels existe et qu’il est nécessaire de mettre en place des services de soutien centrés sur les besoins des usagers.

Tu veux en savoir plus sur le sujet?

Pour en savoir davantage sur les traumatismes, tu peux consulter les vidéos de Cyrinne Ben Mamou, une Docteure en neurosciences, conférencière et thérapeute qui a réalisé des vidéos vulgarisées pour te permettre de comprendre les traumatismes.

Comprendre le traumatisme

1. Comprendre pour changer votre vie

2. Cinq caractéristiques du traumatisme

3. Huit pièges du traumatisme

4. Neuf pistes pour sortir du traumatisme

 

À travers l’évolution de l’espèce humaine, le cerveau s’est développé progressivement, transmettant d’une génération à l’autre les acquisitions de compétences permettant la survie de l’espèce. Notre cerveau s’est donc développé par couche successive du cerveau reptilien, auquel s’est ajouté le système limbique (cerveau émotionnel) puis le néocortex (cerveau rationnel). Donc, nos réactions sont non seulement déterminées par nos réflexions rationnelles et nos évènements passés individuels (ex : traumatismes), mais également par notre passé ancestral, transmit de génération en génération.

Il existe 2 voies traitant l’information perçue par les sens;

  • la voie thalamo-amygdalienne : voie courte, rapide, sous-corticale (non consciente);
  • la voie thalamo-cortico-amygdalienne : voie longue, deux fois plus lente, complexe, corticale (consciente).

De façon générale, l’information sensorielle est traitée le long de la voie longue, consciente, d’où s’effectue le traitement précis de l’information perceptuelle. L’information est ensuite dirigée vers l’amygdale et l’hippocampe afin d’être enregistrée en mémoire sous forme de souvenir autobiographique. Si l’évènement sensoriel est évalué comme étant une source de danger, la voie courte va activer directement l’amygdale et générer une réponse instinctive avant même que le cerveau rationnel ne puisse se représenter le danger. Nos émotions, lorsqu’elles sont fortes en intensité, enclenchent la libération d’hormones de stress (adrénaline, noradrénaline, cortisol) qui activent le système sympathique, préparant le corps à une réponse de survie.

Lorsque vient le temps d’agir, nous pouvons donc affirmer que nous possédons deux cerveaux, l’un conscient nous permettant par la réflexion de prendre des décisions concernant nos actions et de réfléchir à nos perceptions sensorielles et le second activé par les émotions, associées aux réponses réflexes conditionnées.

Le conditionnement classique

L’amygdale (siège de la mémoire affective) et l’hippocampe (mémoire des informations contextuelles) situés dans le système limbique enregistrent en mémoire les informations associées à une forte charge émotive. De sorte que, lorsqu’un contexte se présente (George m’ayant agressé = Contexte), une réponse émotive spécifique se fera ressentir (peur, anxiété), préparant le corps à une réponse automatique prédéfinie (figer, attaquer, etc.).

Cependant, dans une situation traumatique,, il est fréquent que le cerveau ne se souvienne pas bien du contexte entourant l’agression, faisant en sorte que certaines informations partielles entourant le contexte de l’agression (lieu de l’abus, caractéristiques physiques de l’agresseur, sensation physique (odeur, son…)), provoquent à elles seules des réactions physiologiques de peur. Par exemple, les vétérans de la guerre sursautent lorsqu’ils entendent des sons rappelant la guerre (coups de fusil, feux d’artifice). C’est ce que l’on appelle le conditionnement classique de Pavlov. Plus le nombre d’éléments générant une réponse émotive intense augmentent, plus l’individu sera invalidé par des symptômes traumatiques envahissant, d’autant plus que les situations réveillant l’affect peuvent être incompréhensibles aux yeux du sujet. Plus l’émotion vécue est intense, plus l’amygdale est activée et plus le souvenir conservera une empreinte importante en mémoire, risquant ainsi de réactiver des réponses comportementales réflexes.

Il est important de noter que les études ont démontré que l’amygdale peu percevoir une situation comme étant source de danger et déclencher une réponse comportementale conditionnée sans que la personne soit consciente du stimulus perçu ou même qu’elle ne ressente la peur. Ainsi, une personne peut réagir instinctivement et interpréter seulement après coup les éléments ayant sollicité la réponse défensive, le cerveau rationnel étant plus long à traiter l’information sensorielle.

Vidéo conditionnement classique de Pavlov

Comme pour les autres espèces animales, notre corps et notre esprit sont adaptés à répondre de façon automatique lorsque nous sommes confrontés à une situation de danger, en vue d’augmenter nos chances de survie. Cette « programmation » permet la mise en place de réponses instinctives lorsque la situation ne nous permet pas de prendre le temps d’envisager les diverses alternatives disponibles par la réflexion.

Ces réactions ne sont pas des choix, mais les réactions typiques que présentent les individus normaux lorsque confrontés à une situation menaçante. Voici en quoi chacune de ces réponses sont efficaces.

Combattre 

Permet d’établir ses limites et de s’affirmer. Cependant, le combat vient avec un risque de blessures, de mort et d’autres conséquences néfastes… Face au stress intense, l’individu ayant tendance à réagir par la riposte agressive risque de présenter des comportements agressifs dans des contextes inappropriés et de se montrer critique et autosuffisant envers les autres.

Fuir

La fuite permet à l’individu de se retirer lorsque la confrontation risque d’empirer la situation. Cependant, lorsque la situation d’anxiété persiste, l’individu risque de s’isoler des autres (isolement affectif) et de déplacer son attention vers des comportements de fuite (consommation, comportements obsessifs- compulsifs, etc.).

Figer

La réaction de stupeur face au danger permet aux animaux de se rendre invisibles aux yeux des prédateurs le temps de trouver une meilleure solution et d’éviter la confrontation qui risque des blessures physiques. Il s’agit de ne pas résister lorsque cela risque de ne pas améliorer la situation, principalement dans des situations où la force ou la position sociale de l’adversaire rend le combat inégal. En cas de stress intense, l’individu est à risque de vivre des symptômes dissociatifs et d’avoir des trous de mémoire en lien avec le traumatisme.  

Obtempérer

Si la menace est une autre personne, un groupe ou une personne en situation d’autorité, dialoguer  et répondre aux demandes peut réduire le sentiment de danger immédiat afin d’éviter les répercussions négatives (violence, congédiement, etc.) si nous refusons de répondre à contrecœur aux exigences. Sur le long terme, l’individu qui accepte d’obéir risque de négliger ses besoins et de se retrouver dans une situation inconfortable dans laquelle l’auteur des abus ne cesse d’augmenter ses demandes.

Ce sont des réactions physiologiques sur lesquelles nous n’avons pas de contrôle. D’une personne à l’autre et d’un contexte à l’autre, une personne peut réagir d’une différente manière. Ce sont des réactions que tout être humain auront face à une situation de danger. Une pression est souvent exercée sur les hommes pour réagir au danger en combattant et en se défendant. Cette pression est inutile car ces réactions sont instinctives et sont propres au contexte. En tant qu’homme adulte, tu peux te remémorer les évènements et te demander pourquoi tu ne t’aies pas défendu. Rappelle-toi que tu étais un enfant et que tu n’aurais pas pu te défendre contre un adulte car tu étais en désavantage selon ta force physique. Il peut être difficile d’accepter cette idée mais elle est importante car le fait de croire que tu aurais pu te défendre et que tu ne l’as pas fait peut créer une lourde culpabilité qui peut être un fardeau difficile à porter.

Un individu ayant grandi dans un milieu aimant et exempt de situation traumatique apprendra avec l’âge à utiliser les différentes réactions défensives de façon flexible en fonction du danger présent. Cependant, les individus ayant vécu des traumatismes durant leur développement, apprendront à survivre en utilisant exclusivement une ou deux stratégies défensives, ce qui les entraîne à développer des réactions mésadaptées face à certaines situations et à développer des styles relationnels visant à se protéger du danger de se sentir à nouveau abandonné, méprisé, ignoré ou maltraité.

Le type combattant et défense narcissique

L’individu de type dominant va souvent se lier à un partenaire de type évitant ou codépendant afin d’établir une relation basée sur la domination. Afin de combler le manque affectif et en vue de se sentir apprécié, le type combattant est un individu contrôlant qui tend inconsciemment à aliéner les autres par ses demandes excessives et ses comportements agressifs. Il peut tendre à la non-reconnaissance de ses failles personnelles et tendre à critiquer sans cesse son partenaire pour chaque problématique vécue dans la relation conjugale. En recherchant l’amour inconditionnel dont il a été privé durant son enfance, ces individus tendent à induire la peur et le ressentiment chez leur partenaire, qui se retire progressivement de la relation, ce qui augmente le sentiment de tristesse, qui est transformé en rage et augmente le cycle de violence conjugale. Ils sont également prompts à l’implication dans la délinquance et la criminalité. Tant qu’ils n’apprendront pas à dialoguer avec leur partenaire afin de comprendre leur point de vue et à se montrer vulnérables face à eux, il leurs sera impossible de vivre une relation intime réciproque.

Le type évitant et défense obsessive compulsive

L’individu de type évitant est motivé de façon obsessive par l’idée que s’il est parfait, il sera enfin aimé et en sécurité. Cependant, leur anxiété est camouflée sous une hyperactivité, motrice ou occupationnelle, afin d’éviter la reconnaissance de l’anxiété et des émotions internes. Ces individus présentent fréquemment des comportements obsessifs compulsifs, des comportements à risque (visant à augmenter l’adrénaline), une dépendance au travail ou des abus de substances. Afin d’améliorer leurs relations et de développer des habitudes de vie plus saines, il est nécessaire que ces individus s’arrêtent afin de prendre conscience de la souffrance qu’ils cherchent à éviter et qu’ils reconnaissent la souffrance liée à leurs traumatismes. Il peut être bénéfique de pratiquer des méditations de courte durée, de relaxer, de se concentrer sur sa respiration et de regarder avec détachement les angoisses qui cherchent à envahir l’esprit.

Le type « figé » et les défenses dissociatives

Ces individus développent la certitude que les gens représentent un danger et cherchent donc à éviter tout contact social par l’isolement. Ces jeunes ont souvent présenté les circonstances d’abandonnement et de négligences affectives les plus graves, les obligeant à se refermer sur soi et s’évader de la souffrance par des rêveries permettant de combler « illusoirement » leurs besoins affectifs et relationnels. Face aux situations de danger, ils entrent donc en mode dissociatif (par habituation), afin de se déconnecter de l’expérience traumatique en cours. Les modes habituels d’évitement de la réalité externe par la création d’un monde alternatif fictif sont : la dépendance aux jeux vidéo, la création d’une « fausse identité » sur les réseaux sociaux, les rêveries éveillées ou la dépendance aux substances sédatives (alcool, héroïne, anxiolytique). Ces individus sont souvent inconscients des conséquences affectives et relationnelles découlant d’un isolement social et tendent à projeter sur autrui les éléments négatifs. Il est donc nécessaire de travailler sur les justifications et la prise de connaissance des conséquences du retrait social.  

Le type « obtempéré » et la codépendance

L’individu tend à renoncer progressivement à ses droits, ses besoins et ses préférences afin de conserver le lien relationnel. Ce faisant, il se retrouve souvent dans une relation abusive dans laquelle il croit que de répondre aux demandes et aux besoins de son partenaire lui garantira la sécurité physique et affective qu’il recherche. Ils ont fréquemment été la victime d’un parent narcissique les ayant utilisés, effrayés ou dévalués, les entraînant à développer une perception de soi comme étant faibles et incompétents. La psychoéducation et la compréhension des mécanismes psychologiques, avec l’aide d’un thérapeute, peut les emmener à comprendre pourquoi ils sont inconsciemment attirés par des partenaires abusifs ou victimes d’exploitation. Les jeux de rôles permettant le développement de l’affirmation personnelle et la mise de limite individuelle, ainsi que le travail sur la tendance à l’autocritique peuvent être bénéfiques au développement d’une identité plus saine.

En résumé, une situation de vie ravive inconsciemment un élément associé au traumatisme (sensation de vide affectif, risque de séparation, etc.), ce qui déclenche des sensations désagréables de peur, d’anxiété ou de tristesse… qui entraînent la mise en marche de pensées « il ne m’aime pas, il a certainement rencontré quelqu’un d’autre », « il semble en colère, je vais faire attention » et enclenchent une réponse comportementale automatique (évitement, agression…).

Ou choisis un autre sujet plus bas.

Savoir qui consulter?

Tu peux consulter un psychologue ou autres professionnels qui peuvent exercer la psychothérapie.

Savais-tu que…

Lorsqu’une personne souffre de conséquences traumatiques, une psychothérapie lui est souvent conseillée. Le psychologue pratique la psychothérapie, mais n’est pas le seul professionnel de la santé qui peut en faire la pratique. Différents professionnels peuvent obtenir l’autorisation :

  • Travailleurs sociaux
  • Ergothérapeutes
  • Psychoéducateurs
  • Sexologues
  • Infirmiers
  • Médecins
  • Psychiatres
  • Conseillers en orientation

Tu peux te rendre au CLSC le plus proche de chez toi. Sinon, tu peux consulter le site des ordres des professions qui peuvent exercer la psychothérapie. De cette manière, tu auras la possibilité d’augmenter ton éventail de choix pour  trouver un professionnel qui pourra répondre au mieux à tes besoins.

Ressources disponibles pour toi

Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

https://www1.otstcfq.org/ 

Ressources disponibles pour toi

Ordre des psychologues du Québec

https://www.ordrepsy.qc.ca/ 

Tu peux accéder à un répertoire dans chacun de ces sites pour trouver le professionnel de ton choix.

Vivre un traumatisme ça ne se règle pas tout seul sans rien faire et avec le temps, il faut aller chercher une aide nécessaire pour trouver des trucs et des outils pour prendre du mieux. Également, ça ne se fait pas du jour au lendemain et cela demande d’aller chercher une aide et de trouver la patience en toi. 

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